Le Patrimoine du Couserans | Diseurs d’Histoire
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Diseurs d’Histoire

20140916-1200-Fest-diseurs-histoireL’Histoire est une matière vivante, presque charnelle. En disant le passé, elle raconte l’espérance des lendemains qui viennent. De tous temps, les hommes se sont emparés du récit d’Histoire, en faisant tour à tour un espace mémoriel du clan, une part de connaissance tendant vers la vérité et parfois même un outil de propagande.
Les historiens écrivent cette mémoire collective, mais d’autres s’en emparent aussi pour participer au grand partage. Parmi les artistes, gens de théâtre et conteurs ont pris la relève d’Homère et disent la mémoire. Eux aussi, à leur manière, racontent l’Histoire. Récits de vie, de guerre, exhumations de mémoire, sont autant de portes ouvertes que les saltimbanques vont offrir au grand public, comme les historiens dans leurs colloques et leurs publications. Tous cela parlent aux mêmes oreilles.
« Diseurs d’Histoire » se propose d’inventer un espace de rencontre entre historiens et artistes se consacrant en tout ou partie aux récits des grandes pages du temps. En croisant leurs discours et leurs méthodes, ils offriront aux divers publics (scolaires, universitaires, grand public…) une Histoire en plusieurs tons, mille couleurs, mais aussi respectueuse que possible de la vérité.

Olivier de Robert

 

 

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« Diseurs d’Histoire » a pour objectif de sensibiliser le grand public et particulièrement le public jeune à l’Histoire, de vulgariser les connaissances scientifiques par les techniques du conte, et de créer un point de rencontre entre l’art de l’oralité et la science historique. Des animations et des ateliers, en journée et en soirée, sont proposées sur le territoire de la Communauté de Communes du Canton d’Oust lors de chaque édition. Le projet prévoit de mettre en contact dans une même dynamique des historiens de profession, issus du monde universitaires, et des artistes qui s’appuient sur l’Histoire ; des scientifiques capables de transmettre ce savoir et des artistes soucieux de la rigueur historique. Les arts du récit et le théâtre sont autant de portes ouvertes sur l’émotion et la découverte, vecteurs de la transmission du savoir historique au grand public. Un soin particulier est apporté à la sélection des lieux des manifestations afin de garantir la plus grande accessibilité ; le choix fait la part belle aux espaces conviviaux et non intimidants (cafés, restaurants, foyer des maisons de retraite…), ainsi que ceux où l’Histoire trouve une représentation évidente : Boutique des Colporteurs de Soueix-Rogalle, Château de Seix …

 

La première éditioBidous - 1n a eu lieu en 2014-2015, avec pour titre « Voici venir l’orage… » sur les thèmes : « 1914-2014, entrée en guerre » et « rébellion ». Des spectacles ont été proposés au public à l’automne 2014, dont deux représentations gratuites de « Jaurès, raconté par son peuple », jouées par Olivier de Robert pour les résidents de l’EHPAD de Seix puis pour les élèves du Collège Jules Palmade. Tout au long de l’année scolaire, des jeunes volontaires, âgés de 14 à 15 ans, ont réalisé une collecte de mémoire à la Maison de Retraite.

Télécharger le programme de la 1ère édition: clic

 

 

« Diseurs d’Histoire » est un projet porté par la Communauté de Communes du Canton d’Oust (services Patrimoine et Médiathèque) avec pour l’édition 2014 le soutien du programme européen Leader-Feader du GAL Pays d’Ariège et du Conseil général de l’Ariège, en partenariat avec l’ADECC, les Archives départementales de l’Ariège, la Bibliothèque départementale de Prêt,  la Résidence Paul Ané –  EHPAD de Seix, le Collège de Seix, la MJC d’Oust, le Gîte l’Escolan et la Mairie d’Ustou, la Maison du Haut-Salat et l’Office de Tourisme du Haut-Couserans.

 

« Plus de guerre! »  – De la mémoire à l’EHPAD Paul Ané à l’Histoire au collège Jules Palmade…

Image2Durant l’année scolaire 2014-2015, plusieurs élèves de troisième du Collège de Seix ont complété leur enseignement d’Histoire en participant à un projet bénévole impulsé par la Communauté de  Communes du Canton d’Oust et dirigé par Benjamin Weber et Marguerite Pietri, enseignants au collège, avec l’aide de Najat Laghrissi, animatrice à l’EHPAD Paul Ané. Il s’agissait d’apporter un nouveau regard sur l’Histoire telle qu’elle est faite par les historiens et telle qu’elle est enseignée par les professeurs en rencontrant et interrogeant des témoins, pensionnaires de l’EHPAD, sur leurs souvenirs liés aux deux guerres mondiales. Huit entretiens ont ainsi été réalisés, que les élèves ont ensuite retravaillés à partir d’un questionnaire fourni par les enseignants avant de discuter du fruit de leur recherche avec une professeure d’histoire contemporaine de l’Université Jean-Jaurès de Toulouse, Colette Zytnicki, en présence du reste de la classe. Un goûter à la maison de retraite a permis aux deux générations de se rencontrer de nouveau en fin d’année, pour clore ce projet dans la bonne humeur.

Si l’envergure du projet reste modeste, il a beaucoup apporté, aux pensionnaires de l’EHPAD, ravis de partager leurs souvenirs, aux élèves, qui ont ainsi pu porter un autre regard sur leur programme d’Histoire mais aussi sur les relations entre les générations et même aux enseignants, qui ont découvert des élèves motivés et impliqués sous un jour nouveau !

Les élèves ayant participé à ce projet, sur leur temps libre, sont : Ailys Alves, Charline Casteran, Dali Lacassagne, Simon Vialens, Clémentine Estèbe, Alicia Dias, Laurine Verola, Jolan Jauquet. Voici leurs témoignages:

Ailys Alves  : Nous sommes allés à la maison de retraite de Seix pour interroger les personnes âgées à propos de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Aucune des personnes que nous avons interrogées n’était née pendant la Première Guerre mondiale. Pour certains, leurs pères ou leurs oncles étaient partis, mais ils n’avaient pas fait part de leur expérience à leurs femmes ou enfants car pour eux le sujet était « tabou ». Cependant, les personnes que nous avons vues avaient quelques souvenirs de la seconde guerre mondiale et nous ont fait partager ce qu’ils ont vécu. D’autres nous ont raconté d’autres guerres qu’ils avaient vécu, comme la guerre d’Algérie ou d’Indochine. Elles nous ont raconté leurs histoires et ont évoqué des souvenirs. J’ai bien aimé y aller, c’était intéressant et touchant car ils nous ont souvent dit qu’il ne fallait pas que ça revienne [la guerre] ! Ils nous ont raconté tout ce qu’ils avaient vécu, c’était cool. Merci !

Image1Charline Casteran : Ils nous ont beaucoup parlé de la vie quotidienne qui pour certains n’a pas était tant affectée par la guerre. Mais pour d’autres la vie était plus compliquée et la présence des Allemands les a marqués. Un monsieur nous a raconté ces moments vécus en tant que passeur dans la montagne et nous a expliqué la difficulté de la tâche (de nuit, pas beaucoup de gens…). Une femme, quant à elle, a parlé du moment où elle descendait au moulin pour faire de la farine : les occupants la leur volait et ils n’avaient plus rien.

Simon Vialens : J’ai bien aimé faire ce projet, aller à la rencontre des personnes âgées et écouter leurs histoires. C’était intéressant de faire partager aux autres ce projet et de rencontrer l’historienne [Mme Zytnicki]. L’entretien avec M. Bielle était bien parce qu’il y avait des échanges.

Dali Lacassagne : Ca m’a plu de faire ce projet parce qu’on voyait que les personnes âgées étaient contentes de participer, de nous raconter des moments dont ils se souviennent et qu’ils ont vécu. Même si ce n’était pas centré sur la Première Guerre mondiale, c’était touchant les moments avec eux.

Clémentine Estèbe et Alicia Dias: Alicia et moi avons interrogé une dame et un monsieur, Marius. La dame nous a raconté plein d’anecdotes quand les Allemands étaient ici. C’était très intéressant, elle nous a dit que ce n’était pas si dur pour elle. Et sa famille. J’ai passé un bon moment, les gens étaient très gentils. J’ai beaucoup aimé ce projet.

Laurine Verola : La guerre est une question philosophique majeure car elle pose d’importantes questions sur la nature humaine et les relations personnelles. C’est pour cela que nous, élèves de troisième, avons posé des questions aux résidents de la maison de retraite de Seix pour enrichir nos connaissances et donner un plus à nos cours d’histoire. Cela nous a aussi aidé à développer les relations humaines. Nous voulions plonger dans ce que fut la vie quotidienne de la Seconde Guerre mondiale racontée par nos « grands parents ». Et si ce conflit fut le plus meurtrier de l’histoire, ce sont surtout les civils qui se trouvèrent en première ligne. Cette spécificité est rarement abordée dans les films, les documentaires ou les jeux vidéo. L’accent est toujours mis sur les grandes batailles, la résistance ou les grandes figures héroïques alors que c’est l’ensemble de la population qui a vécu ce conflit. Afin de comprendre comment les gens ont vécu cette période, nous avons procédé à des interviews de personnes âgées dans le but de récolter leurs souvenirs en les confrontant au passé. Beaucoup d’émotions sont remontées à la surface, de bons comme de mauvais souvenirs. Certes la vie n’était pas facile mais maintenant ils nous en parlent avec plaisir car il n’y a rien de plus beau que de partager ses propres expériences avec la jeunesse d’aujourd’hui.