Le Patrimoine du Couserans | Saint-Lizier
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Saint-Lizier

st-lizier_depuis rozès_JLS_02   Capitale historique du Couserans et l’un des plus beaux villages de France, au lacis de ruelles médiévales, la cité a conservé un riche patrimoine, dû notamment à la générosité de quelques-uns des 71 évêques qui se sont succédés à la tête du diocèse du Couserans. Couronnée de murailles gallo-romaines, elle s’enorgueillit de posséder deux cathédrales : Notre-Dame de la Sède, siège officiel de l’évêque, au sommet de la colline, et l’église du faubourg, au superbe cloître roman, unique en Ariège. Le chœur de cette dernière abrite aussi de remarquables peintures romanes, parmi les plus anciennes des Pyrénées (fin du XIe siècle), attribuées au « maître de Pedret ». Le Palais des Evêques, édifié au XVIIe siècle, accueille aujourd’hui le Musée départemental de l’Ariège, qui présente des collections ethnographiques, archéologiques et d’art sacré. L’Hôtel-Dieu abrite une superbe pharmacie du XVIIIe siècle exceptionnellement conservée jusqu’à nos jours.

IMG_6780La fondation de la cité gallo-romaine des Consoranni remonterait à 72 avant Jésus-Christ. Ceinturée de remparts au Ve siècle, elle devient un siècle plus tard le siège d’un important évêché. Elle connaît un véritable renouveau à l’époque romane : deux cathédrales sont alors construites !  La véritable, Notre-Dame de la Sède, se trouve dans l’enceinte du palais épiscopal, mais l’église du faubourg, avec son cloître, est également appelée « cathédrale ». En 1117, Jourdain Ier, évêque de Couserans, fait appel à Raymond de Durban, évêque de Barbastro (Aragon) afin de consacrer cette église, qu’il vient de construire en l’honneur de saint Lizier.

Saint-Lizier détail peintures proposition 1Pour le chœur  de cette dernière, un laps de temps s’est écoulé entre la construction des murs de l’abside et celle de la voûte en cul de four. De ce fait, le Christ trônant sur la voûte est une peinture de la fin du XIIIe siècle, alors que les remarquables peintures en dessous, réparties sur deux registres essentiels, sont romanes et parmi les plus anciennes des Pyrénées (fin du XIe siècle). Dans le registre inférieur, de gauche à droite, les Mages sont représentés devant Hérode puis devant la Vierge à l’Enfant. Suivent les scènes de l’Annonciation, de la Visitation de Marie à sa cousine Elisabeth enceinte de saint Jean-Baptiste, et enfin du Bain de l’Enfant Jésus. Les figures hiératiques des apôtres occupent tout le registre supérieur. Ces fresques sont attribuées à un artiste dit « le maître de Predet », par référence à une église romane de Catalogne où ses peintures ont été étudiées pour la première fois. Ce maître et son atelier ont travaillé sur plusieurs sites catalans entre la fin du XIe et le début du XIIe siècles, et Saint-Lizier est probablement l’un de ses premiers chantiers. Son style est marqué par l’influence de l’art byzantin transitant par le biais de l’Italie du nord : nez allongés reliés aux arcades sourcilières, vêtements aux plissés géométriques, quasi absence de décor autour des figures. Cette influence est commune à tous les artistes catalans, conséquence des rapports étroits entre la Catalogne et l’Italie du nord au XIe siècle.

L’absidiole nord conserve encore une fresque romane représentant la Jérusalem céleste, sujet très rare à cette époque.

Le clocher de brique, amorcé à l’époque romane, a été achevé au XIVe siècle dans le style du gothique méridional, aux ouvertures caractéristiques en forme de mitre d’évêque.

st-lizier_cloitre_JLS_02Le cloître – seul cloître roman de l’Ariège – possède encore ses quatre galeries complètes, ainsi que l’étage venu les surmonter au XVIe siècle. Les chapiteaux sont ici presque tous sculptés dans une pierre calcaire tendre et fragile. Ceux de la galerie nord, qui jouxte le flanc sud de la cathédrale, ont été exécutés en premier (1160-1180), et témoignent d’une facture raffinée. Les sculpteurs des chapiteaux des galeries sud et ouest ont voulu s’inscrire dans la continuité, sans innover ; la répétition des motifs dans ces galeries ne s’est pas faite avec un talent égal. L’originalité du cloître tient surtout à ses scènes figurées : curieusement, on trouve très peu de scènes bibliques mais plutôt des scènes à la signification symbolique, voire énigmatique.

 

Des visites commentées de la cité, de la cathédrale basse, du cloître, ainsi que de la pharmacie du 18e siècle de l’Hôtel-Dieu sont organisées très régulièrement (tous les jours en été). Renseignements auprès de l’Office de Tourisme du Couserans, bureau de Saint-Lizier, 05 61 96 77 77.